• APPROCHE - Olivier PROST

Bienvenue à l’Ecole du Dehors !

Mis à jour : oct. 30




La période post-confinement a été l’occasion de faire connaître et d’encourager cette pratique, aux intérêts multiples. Une tribune parue dans Le Monde le 27 avril 2020[1] l’a ainsi appelée de ses vœux, encourageant sa mise en oeuvre, encore peu connue et développée en France.  Un point de vue relayé par le Figaro Madame qui prône dans un article du 11 octobre les vertus de l’éducation scolaire en pleine nature[2]. L'émission La Maison des Maternelles [3] en parle également dans son émission du 6 octobre, signe que cette pratique est dans l'air du temps.  En Allemagne, un pays où il ne fait pas particulièrement chaud, voir des profs faire cours en plein air n’a rien d’inhabituel. En France, le ministère a évoqué l’idée, mais cela a surtout fait sourire[4], alors même que des enseignes grand public comme Nature & Découvertes, soutiennent cette démarche via leur fondation[5]Qu’est-ce que l’école dehors ? Comme son nom l’indique, on part ici du principe que l’on peut aussi enseigner dans un espace extérieur, naturel de préférence, que ce soit la cour, une forêt, une plage, ou même un parc en milieu urbain. Skovbørnehaven danois, Waldkindergärten allemands, Forest Schools britanniques, les jardins d’enfants et les écoles du dehors ont essaimé en Europe depuis leur apparition il y a un siècle, en ScandinavieQuels avantages ? Outre des conditions sanitaires plus propices en ces temps de Covid, un lien à la nature renforcé, c’est aussi l’occasion de développer la motricité, l’endurance, l’attention, l’autonomie, la coopération entre enfants, la créativité, les intelligences multiples … Mais c’est également - et on y pense peut-être moins - une façon de prendre soin de la santé des enfants ! Aujourd’hui, les enfants passent trois fois moins de temps à jouer dehors que leurs parents, ils ont perdu en moyenne un quart de leurs capacités cardio-vasculaires ! Sans parler des conséquences de la surexposition aux écrans (myopie, troubles du langage,…). L’école dehors est donc bonne pour la santé mentale, physique et psychique des enfants. Une occasion d’apprendre autrement, en lien avec la nature… C’est donc naturellement que de plus en plus d’écoles se tournent vers ce type de démarche, comme en témoignent - le site https://profsentransition.com/ecole-du-dehors/, qui a réalisé une courte vidéo sur de récentes initiatives: https://www.youtube.com/watch?time_continue=15&v=AN2aNqwfVuo&feature=emb_logo - les projets soutenus par le Fonds Educations Plurielles qui sont nombreux à aller dans ce sens ! Pour donner envie au plus grand nombre de s’intéresser et s’engager à cette démarche pédagogique passionnante, nous avons voulu recueillir le témoignage des plus engagés :

Interview de Sébastien Henry, école des Lucioles, soutenue par le Fonds Educations Plurielles depuis 2 ans

Pourquoi ce choix d’école en nature ?

Mon épouse et moi avons grandi dans une école traditionnelle, entre 4 murs et derrière un bureau, et nous avons constaté depuis dans notre vie qu’un contact régulier avec la nature était une immense source de bienfaits, pour les adultes comme pour les enfants: calme, sérénité, mais aussi créativité et autonomie.

Ayant suivi l’expérience d’écoles innovantes, créées notamment au Canada, nous nous sommes dit: « c’est le moment de créer cette école, qui est pour nous un engagement citoyen, pour le plus grand nombre possible d’enfants et avec une intention solidaire forte » (via l’accueil de nombreuses familles boursières, grâce au Fonds Educations Plurielles).


En quoi ce choix est d’autant plus d’actualité aujourd’hui ?

Avant la crise du Covid, nous avions lu une étude montrant que certains enfants ne passent pas tellement plus de temps à l’extérieur que des détenus dans une prison (entre écrans, tablettes, temps passé à l’école…).

Nous pensons que l’épisode douloureux du confinement a montré dans bien des cas à quel point le contact avec la nature est précieux. Pour les adultes comme pour les enfants. D’ailleurs nous n’avons jamais vu autant de monde dans la forêt à côté de chez nous que pendant le confinement :)


Quels sont les intérêts de l’école en nature ?

 J’ai évoqué le calme, sérénité, la créativité et l’autonomie. Mais il y a aussi un domaine passionnant à explorer: celui de l’efficacité des apprentissages. Ce serait une petite révolution pour l’éducation si on pouvait montrer de façon claire que 2 jours passés par semaine dans la nature non seulement ne nuisaient pas aux apprentissages mais peuvent les favoriser !

Le film documentaire de Pascal d’Erm, qui interroge des scientifiques sur les bienfaits de la nature, a commencé à aborder cette hypothèse. En tant qu’école expérimentale, nous voulons apporter notre contribution à la recherche et proposer à une équipe de scientifiques de suivre les enfants que nous accueillons sur plusieurs années.


- L’école dans la nature pose-t-elle des défis ? 

Elle ne semble poser aucun défi pour les enfants, déjà…en tout cas ceux que nous accueillons ! C’est toujours émouvant de voir revenir la classe d’une de 2 journées en nature que nous proposons par semaine. Il y a une vitalité extraordinaire chez  les enfants.

Pour les enseignants, cela suppose de repenser une partie de leurs habitudes de travail et d’ouvrir de nouveaux chantiers. Mais nous connaissons pas mal d’enseignants qui sont prêts à le faire, et nous voulons d’ailleurs les soutenir en partageant notre expérience en les accueillant dans notre école pour des phases d’observation (nous recevons de plus en plus de demandes en ce sens).


Quels conseils à donner ceux qui veulent se lancer ?

De la persévérance, bien sûr. Créer une école, c’est souvent 2 ans de travail, et pas mal de tuiles qui tombent sur la tête! Et surtout de bien garder votre rêve vivant et vibrant en vous. 

Personnellement, pendant l’année avant le lancement, au cœur des incertitudes (Allons-nous trouver des locaux? Avoir l’autorisation d’ouvrir? Convaincre suffisamment de parents? Atteindre un équilibre économique?), j’ai chaque matin visualisé dans ma tête des images de la cérémonie d’ouverture, avec les enfants et parents en cercle autour d’un feu. Cela m’a vraiment aidé à tenir le coup en faisant remonter à chaque fois l'enthousiasme…et la cérémonie d’ouverture s’est exactement déroulée comme cela le 30 août 2019. Une grande dose d’émotion :)

Parce que ce n’est pas facile de créer une école en nature, l’équipe de la Forêt des Lucioles veut d’ailleurs apporter une contribution pour soutenir d’autres porteurs de projets, et nous organiserons une session Zoom en décembre pour répondre aux questions et partager notre expérience. Vous trouverez bientôt les infos sur www.foretdeslucioles.fr

Pour en savoir plus sur cette école et la soutenir rendez-vous sur : https://educationsplurielles.fr/portfolio-item/grandir-et-creer/

Témoignage de Claude Piloche et Audrey Marat, fondateurs de « Poussière d’Etoiles », une école Montessori en pleine nature, qui ouvrira ses portes en vallée de Chamonix en janvier 2021.

Très tôt pendant le confinement, nous avons pris conscience de la joie et du sens que nous ressentions à partager toutes nos journées avec nos enfants, et aussi des tensions paradoxales touchant parfois à l’absurde entre nos vies familiale et professionnelle. Nous avons alors choisi de débuter l'instruction en famille pour nos filles, puis rapidement avons décidé de créer une petite école qui serait ouverte à notre voisinage. Ayant la chance et le privilège de vivre en bordure d’une réserve naturelle, nous souhaitions que d’autres enfants puissent bénéficier de cette opportunité extraordinaire. Nous nous sommes aussi lancés dans cette aventure pour ébaucher et partager à notre modeste échelle des pistes de transition écologique et sociale. Nous nous inspirons de la pensée de Maria Montessori, du mouvement des écoles en pleine nature ainsi que de l’éthique de la permaculture : prendre soin des hommes, prendre soin de la terre, et partager les surplus.

Poussières d'Étoiles est un projet associatif local, inclusif et non lucratif qui est ouvert à toutes les familles jusqu’aux plus modestes. En convertissant une partie de notre habitat en salle de classe, en sollicitant des fonds privés pour financer l’investissement en matériel, en indexant les frais de scolarité sur le revenu imposable des parents, et en mettant en place une caisse de solidarité en partenariat avec le Fonds Educations Plurielles, nous allégeons au maximum les frais de gestion afin que l’inclusivité sociale soit la plus large possible. Les enfants de l’école passeront toutes leurs après-midis à l'extérieur à jouer, explorer et observer leur environnement. Nous souhaitons ainsi les aider à développer une connexion profonde à leur propre source, à autrui et à toute la planète. Nous croyons qu'en nourrissant ces multiples connexions, nous participons ensemble au tissage d'une toile de vie pacifiée et prenons soin ensemble du bien commun pour les générations présentes et futures.  Nous avons hâte d’accueillir les premiers enfants en novembre, après de longs mois de démarches administratives parfois déroutantes, voire décourageantes. Mais, nous avons aussi rencontré de très belles personnes sur ce chemin et reçu inspiration et soutien. Tout ce que nous avons donné nous a été rendu au centuple, c’est un beau chemin de fraternité à parcourir… Pour tout savoir sur cette école et la soutenir rendez-vous sur : https://educationsplurielles.fr/portfolio-item/montessori-en-pleine-nature/

Alors ? Tenté.e.s ? N’hésitez plus !

Vous aussi, lancez/participez/parlez/soutenez des projets d’Ecoles du Dehors : https://educationsplurielles.fr/agir-avec-nous/particuliers/

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