• APPROCHE - Olivier PROST

Qu'est-ce que le chèque éducation ?




Le chèque éducation consiste à donner la liberté de choix aux parents concernant l’école de leurs enfants, en dehors des contraintes financières. Ainsi, on attribue pour chaque élève un chèque éducation d’un montant égal au coût éducatif moyen constaté pour son niveau d’études. Ce chèque ne peut être dépensé que dans des structures qui ont reçu une habilitation à enseigner.

Au vu des coûts de formation actuellement constatés, le chèque éducation aurait à ce jour environ le montant annuel suivant :

- dans le primaire : 5 000 euros/an

- au collège: 8 000 euros/an

- au lycée: 10 500 euros/an

- dans le supérieur: 12 000 euros/an


Le fonctionnement

Les parents d’élèves remettent à l’école de leur choix le chèque éducation qu’ils ont reçu de l’Etat ou des collectivités locales ou alors les établissements reçoivent directement de l'état ou des collectivités locales le chèque éducation, dès qu'un élève s'inscrit.


Les parents décident ainsi du financement de la pédagogie de leur choix. Ceci est un juste retour, étant donné que les parents financent déjà l’éducation par l’impôt, sans avoir voix au chapitre quant à l’attribution de leur argent vers tel ou tel type d’école. Il est à noter qu’un des nombreux avantages du chèque éducation est qu’il permet de faire en sorte que les parents connaissent le prix de l’éducation de leurs enfants, car souvent on a tendance à penser que l’éducation est gratuite.

Chaque école ayant reçu des chèques éducation peut alors les encaisser et financer ainsi la totalité de son fonctionnement (salaires des professeurs et autres personnels, location des locaux, frais généraux…). Chaque établissement est alors de fait totalement autonome dans sa gestion et son fonctionnement.

Concernant le financement, le chèque éducation n’induit aucune levée d’impôts supplémentaires.


La liberté des programmes et méthodes d’enseignement présente de nombreux avantages:

- permettre aux parents de choisir le programme et les méthodes éducatives qu’ils veulent pour leurs enfants : certains préfèrent que soient développées les capacités artistiques, d’autres seront plus sensibles aux aspects psycho-moteurs, sportifs ou manuels, d’autres encore voudront un enseignement classique à l’ancienne avec uniforme et levée du drapeau à 8h du matin… Peu importe, chacun trouvera chaussure à son pied.

- soutenir les établissements de qualité : en effet, les parents entendront parler de telle ou telle formation qui a fait ses preuves et voudront que leurs enfants puissent suivre ces formations réputées ; ces méthodes à succès seront copiées partout en France et occasionneront l’ouverture de nombreuses classes (ou nouveaux établissements) les mettant en œuvre.

- former des citoyens avec des modes de pensée variés, des capacités différentes


Les horaires de cours et jours de congés seront décidés au niveau des établissements, en tenant compte des contraintes des parents.


Le choix de l’école : une histoire de compromis et d’équilibre

Certains parents préfèreront ne faire aucune concession sur le programme mais seront plus ouverts sur les méthodes pédagogiques. D’autres mettront au contraire la méthode pédagogique au sommet de leurs priorités, considérant que celle-ci a une influence majeure sur la personnalité et la créativité ou encore la capacité d’adaptation. D’autres parents feront des concessions sur le programme ou les méthodes afin que les horaires et jours de congés soient plus en adéquation avec leur vie professionnelle, considérant que pouvoir s’occuper le plus possible de leurs enfants est primordial pour eux. D’autres enfin mettront la proximité géographique au centre de leurs priorités afin d’éviter de longs trajets et une fatigue excessive à leurs enfants.


La carte scolaire est présentée comme LE système permettant de garantir que la mixité soit garantie dans les différentes écoles. La justification qui est donnée est la suivante : si chaque élève est obligé d’aller dans l’école de son quartier alors on évite le fait que les parents les mieux renseignés et les plus riches choisissent pour leur enfant une école plus réputée qui serait plus lointaine. Ainsi, on favoriserait la mixité sociale car tous les enfants d’un quartier donné vont dans la même école, qu’ils soient issus d’une famille riche ou pauvre.


Le problème est que cette argumentation est totalement fausse. En effet, il n’existe pas de quartiers où la population est représentative de la population française. Ainsi, la France, comme tous les pays, est composée de quartiers riches et de quartiers pauvres, de villes riches et de villes pauvres.


Ainsi, la carte scolaire aboutit à l’effet inverse de celui escompté. Elle ne fait que faire en sorte que les élèves riches des quartiers riches aillent dans leur école de quartier (école de quartier riche pour riches), et elle empêche que les élèves pauvres puissent choisir une école hors de leur quartier défavorisé. Par ailleurs, on sait parfaitement que les quelques personnes favorisées qui n’habitent pas tout à fait au bon endroit fraudent la carte scolaire grâce à leurs relations ou à l’installation de fausses boîtes aux lettres.


Certains se posent alors la question de la situation dans les campagnes où il n'y a bien souvent qu’une seule classe par niveau voire même deux niveaux dans une même classe. Les élèves de ces écoles auront-ils moins de choix et seront-ils donc défavorisés par rapport aux élèves des villes ? La réponse est non. Tout d’abord, ils auront tout de même la possibilité d’aller dans une école leur convenant davantage dans le village d’à côté à 8 ou 15 km. Par ailleurs, les parents d’élèves feront certainement pression sur l’école pour que les programmes et méthodes les plus reconnues en France soient appliqués dans leur village ; les campagnes profiteront donc de l’émulation éducative des villes. Enfin, les villages ne seront plus régulièrement confrontés au problème des fermetures de classes décidées d’en haut. Ils pourront s’organiser entre eux pour créer une classe ; 10 élèves et leur chèque éducation de 5000 euros seront suffisants pour avoir un budget de 50 000 euros et ouvrir une classe dans un local prêté par le propriétaire d’une villa du coin.


Le salaire des enseignants en France est anormalement faible en France, largement en-dessous de celui des enseignants dont le PIB/habitant est comparable à la France. Cela pose de graves problèmes de recrutement des enseignants, le salaire n’étant vraiment pas incitatif pour se lancer dans ce métier difficile.


Un des immenses autres avantages du “chèque éducation” est de permettre une très forte augmentation du salaire des enseignants. En effet, par exemple, chaque classe de 25 élèves dans le primaire disposera d’un budget de 25 x 5 000 = 125 000 euros/an. Supposons que les frais de structure (location du local, matériel pédagogique et informatique, etc…) soit de 1 500 euros/mois soit 18 000 euros/an, il reste plus de 100 000 euros pour payer le professeur ! Soit un salaire (après prélèvement de nos fameuses cotisations patronales et salariales) de plus de 4500 euros nets par mois (proche des salaires constatés en Allemagne).


Comment une telle explosion de salaire est-elle possible ? Tout simplement parce que l’école devient totalement autonome. Rappelons que la France est un des rares pays à disposer d’un ministère de l’Education Nationale; il n’y en a pas dans de très nombreux pays. Toutes ces structures ont un coût !


En gérant le budget de leur école, les enseignants seront même incités à passer rapidement un coup de balai dans leur classe s’ils veulent économiser des frais de ménage sur leur budget ou à faire faire le ménage de leur classe par leurs élèves comme cela est le cas dans certaines écoles, par exemple au Japon.


Les idées reçues sur les écoles hors contrat (non financées par l'état)

Idée reçue n°1: “Les écoles les plus chères seront les meilleures, ne pourront pas être financées uniquement avec le chèque éducation, et seront donc inaccessibles aux plus défavorisés.”

FAUX - Tout le monde, même les plus riches, recherchent le meilleur rapport qualité-prix. Ils ne dépensent pas deux fois le prix s’ils pensent que cela n’apporte rien. Il existe de très nombreuses écoles privées de l’enseignement supérieur (par exemple des écoles d’ingénieurs privées comme HEI, l’ISEP, l’ISEN, CPE Lyon, l’ESIEE, l’ECAM Lyon, l’EPITA…) dont le coût est inférieur à celui constaté à l’université. Contrairement aux idées reçues, ce sont les meilleures écoles de l’enseignement supérieur privé qui ont les prix les plus bas : en effet, les prix bas permettent d’éviter de passer à côté des talents moins favorisés financièrement qui ne postuleraient pas si les frais de scolarité étaient trop élevés. Les écoles privées médiocres de l’enseignement supérieur ont au contraire des prix souvent élevés car elles ont des coûts de marketing élevés pour attirer leurs élèves (campagnes de publicité à la radio, dans la presse ou les transports en commun). Il peut toujours y avoir des exceptions (écoles élitistes très chères) mais un système libre est parfaitement en mesure de proposer une excellente formation à prix bas, voire même gratuitement (voir le cas de l’Ecole 42 de Xavier Niel). Enfin, des associations se monteront spontanément pour aider les plus défavorisés à payer leurs études s’ils en ont besoin. On constate même que les écoles privées organisent elles-mêmes un système interne de bourses d’études afin de ne pas passer à côté des élèves brillants les moins favorisés, système financé entre autres par les donateurs des associations d’anciens élèves.


Idée reçue n°2: “Les riches mettront tous leurs enfants dans le même établissement ! C’est un système favorable aux riches !”

FAUX - On a démontré plus haut dans cet article que le libre choix de l’école, qui est un choix résultant d’un arbitrage entre le programmes, les méthodes éducatives, la localisation de l’école, les horaires, etc… aboutit au contraire à une très grande variété de choix, l’école répondant le mieux à tous les critères n’étant pas forcément la plus proche du domicile. Le pire système étant celui actuellement utilisé en France (la “carte scolaire”) car celui-ci laisse les riches entre eux dans les écoles des quartiers riches et les plus défavorisés également entre eux dans les quartiers défavorisés.


Idée reçue n°3 : “Les personnes les moins éduquées ou les moins riches n’auront pas les capacités ou les relations pour choisir le meilleur établissement pour leurs enfants. Elles n’y comprendront rien.”

FAUX - Les gens savent parfaitement trouver leur intérêt, surtout lorsqu’il s’agit de leurs enfants. Certaines personnes adorent par exemple parler de leurs forfaits de téléphone portable ou de box internet : “moi, je suis chez X, je paie Y et je suis très content”. Il en sera de même lorsque l’école sera libérée. Toutes les couches de la société parleront éducation : “Madame X est très content de l’école Y ; la formation est excellente et à un prix réduit”. Et même dans l’éventualité où des parents se désintéresseraient totalement de l’éducation de leurs enfants (ce qui existe tout de même), ces enfants auront de fortes chances d'accéder à une très bonne école vu qu’un système éducatif libre favorise, via l’émulation qu’il engendre, l’émergence des meilleures pratiques éducatives.


Idée reçue n°4 : “Des écoles extrémistes vont ouvrir (écoles d’extrême-gauche, d’extrême-droite, islamistes, etc…)”

FAUX - Les structures d’enseignement autorisées à encaisser les chèques éducation le seront par un système d’habilitation.

Celui-ci sera confié à une haute autorité pédagogique indépendante, regroupant des représentants des grands courants pédagogiques existants :


Apprentissage autonome

Arts et Spectacle

Discipline positive

Ecole démocratique de type Sudbury

Ecole éco-citoyenne

Ecole Espérance Banlieues

Ecole Espérance Ruralités

Ecole maîtrisienne

Pédagogie explicite

Pédagogie classique

Pédagogie Cousinet

Pédagogie de la Garanderie

Pédagogie Decroly

Pédagogie des intelligences multiples

Pédagogie Freinet

Pédagogie inversée

Pédagogie Montessori

Pédagogie Neill

Pédagogie Nuyts

Pédagogie Steiner-Waldorf

Sports-études


Ces représentants vérifieront l’acceptabilité des nouvelles structures éducatives. L’Etat ne devra pas se charger de ces habilitations afin d’éviter que des politiques abusent de leur pouvoir pour interdire certains programmes ou méthodes, qui ne conviendraient pas à leur pensée politique. Cependant, il reviendra aux représentants des courants pédagogiques de signaler aux services de l'Etat les éventuels manquements aux lois observés dans certains établissements.


Conclusion

Il est urgent de mettre en place le chèque éducation afin de permettre:

- une véritable variété de programmes et méthodes dans le système éducatif français

- d’éviter que les programmes ne soient un moyen de diffuser une idéologie politique

- une véritable émulation entre les enseignants et une innovation continue visant à l’amélioration permanente de la qualité de l’enseignement

- une responsabilisation et implication des parents qui auront une véritable influence sur le fonctionnement des écoles qu’ils auront choisies

- une parfaite connaissance des coûts de l’éducation par les parents ; ils comprendront aussi mieux pourquoi ils paient des impôts

- une augmentation de la mixité sociale

- une revalorisation très significative du salaire des enseignants



Texte inspiré du site internet suivant : https://articles.laprimaire.org/lib%C3%A9rons-l%C3%A9cole-avec-le-ch%C3%A8que-%C3%A9ducation-776da9f1ed28





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