• APPROCHE - Olivier PROST

Communiqué : Réponse à la mise en cause du chèque éducation dans un article du Monde diplomatique



Le chèque éducation, responsable de la bureaucratie

et des profits ?


Dans son article « Privatisation de l’école, le fiasco suédois », paru dans le Monde diplomatique de Septembre 2018, Violette GOARANT décrit la privatisation de l’école, via le chèque éducation, qui a eu lieu en Suède :


« Après le retour au pouvoir des « partis bourgeois », en 1991, le premier ministre du Parti modéré, M. Carl Bildt, instaura le système des « chèques éducation ». Depuis, il n’y a plus de carte scolaire, et chaque famille peut inscrire gratuitement ses enfants dans l’école publique ou privée de son choix. Lorsqu’elle opte pour le privé, la municipalité doit octroyer à l’établissement un chèque, ou voucher, du même montant que ce qui est dépensé pour un élève du secteur public dans la même commune (un élève inscrit au collège à Stockholm, par exemple, coûte 10 000 euros par an). Résultat : quasi inexistants dans les années 1990, les collèges privés sous contrat représentaient en 2017 près de 20 % des effectifs des collèges suédois ».


La suite de l’article met en exergue des effets désastreux, dûs à une intrusion des forces économiques et des collectivités territoriales :


«Nous avons sous-estimé la force du pouvoir économique, admet Mme Åsa Fahlén, présidente du syndicat de professeurs Lärarnas Riksförbund. »


« L’essentiel des tâches administratives vise à montrer des résultats à la commune de rattachement de l’école. « Le Parlement a tenté d’encadrer ces tâches chronophages, mais les communes continuent de commander des rapports d’activité et de résultat, raconte Ahlbäck Öberg. Il faudrait que les 290 communes se mettent toutes d’accord pour laisser les professeurs travailler en paix, ce qui est très difficile. »


On pourrait en déduire que le chèque éducation est un outil dangereux.


Or, ce n’est pas le chèque éducation qui est dangereux, puisqu’il permet aux parents de choisir l’école la plus adaptée pour leurs enfants, sans contrainte financière.


Ce qui est dangereux, ce sont les entreprises qui visent à s’emparer de la gestion des écoles pour leurs profits. Les conséquences sont que les professeurs deviennent des producteurs de bonnes notes pour garantir la satisfaction de leurs clients (les élèves et parents).


Le statut association loi 1901 permet d'éviter cet écueil en France.


Ce qui est dangereux, ce sont les communes qui exigent de la part des professeurs toujours plus de travail administratif. Résultat, seulement un tiers du temps de ces professeurs est consacré à l’enseignement en tant que tel.


La négociation entre les représentants des enseignants et l'administration devrait permettre de réduire ce temps administratif.


Saisissons ici l’occasion de rappeler qu’une éducation digne de ce nom, c’est-à-dire reposant sur des fondements purement pédagogiques, ne peut que s’affranchir de la tutelle de l’état, du productivisme, du technologisme et des confessions religieuses.


L’Association Pour la PROmotion du Chèque Education APPROCHE et la fédération des pédagogies alternatives FéPéA continueront leur travail de vigilance et de sensibilisation à ce sujet.


Olivier PROST

Président d’APPROCHE

Association Pour la PROmotion du Chèque Education

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